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Bye Bye Boss!

2 décembre 2017

Je vous pète votre balloune tout de suite, je n’ai pas gagné au 6/49…oubliez le projet de m’emprunter de l’argent. C’est lui qui part, pas moi!

Vendredi dernier, nous étions une cinquantaine de personnes réunies pour souligner le départ à la retraite de notre président et les 20 ans d’affaires de l’entreprise qu’il a fondée.

Ceux qui me connaissent dans le privé savent que je suis une vraie usine à larmes. C’est pourquoi, bien que je sois la plus vieille employée (en ancienneté là!), je n’ai pas fait d’allocution devant toute cette belle assemblée pour vous raconter tout ce qu’il m’a appris et combien je l’apprécie. Aucun son ne serait sorti de ma gorge autre que des sanglots peu flatteurs. C’est donc, ici, sur notre blogue, que je lui fais mes adieux professionnels.

Il faut être un peu fou pour devenir entrepreneur. Oui. Pour prendre des risques financiers et travailler des heures incalculables, ça prend une bonne dose de courage et des nerfs d’acier. Pierre, son nom le dit, il est fait solide et il a la tête dure. Ça ne peut pas nuire! C’est pourquoi, en 1997, alors que mes plus gros dossiers étaient encore mon acné et mes math de secondaire 2, lui, il ouvrait les portes d’XpertCopie, avec zéro client pour le moment, mais BEN de la volonté!

Ce n’est que plusieurs années plus tard que j’ai fait sa connaissance, en 2004. Je suis venue porter, 1, 2, 3 fois mon C.V.. Pourquoi est-ce que je revenais? Parce qu’il y avait une bonne «vibe» chez XpertCopie. Quelque chose de familial et de chaleureux dans l’accueil, chaque fois que je me présentais.

Aujourd’hui, je le sais très bien, l’accueil c’est son point fort, notre point fort. Le client est roi chez ImageXpert et quand le patron s’appelle Roy…il traite tout le monde comme de la famille. Ici on crée une relation durable avec nos clients, on est toujours sincèrement heureux de les revoir et on célèbre avec eux leurs réussites. Un client satisfait, c’est sa paie, notre paie. Il nous le répète tout le temps. C’est notre mantra, notre ADN…et la philosophie d’une entreprise, ça part de la tête.

Parlant de tête, il a dû se la casser pas mal souvent… parce que c’est ça aussi être patron. En entreprise, on gère aussi des humains et parfois il faut prendre un rôle plus ingrat. Il ne le faisait visiblement pas de gaieté de coeur. Ses décisions n’ont pas toujours fait l’unanimité, mais je sais que c’était toujours dans le but de nous faire avancer, tous ensemble, vers un but commun.

Tout ça pour dire qu’un an plus tard, en 2005,  il me rappelait pour passer une entrevue pour un emploi… que je n’ai pas eu. Ça comportait un peu de graphisme, mais beaucoup de production manuelle, et il voulait mettre la bonne personne à la bonne place. Malgré toute ma motivation lors de notre première rencontre, il avait bien perçu que j’étais une créative. Je ne serais pas heureuse à long terme et que je finirais par quitter s’il me donnait cette chaise-là.

Mais tout vient à point à qui sait attendre… et, heureusement, je n’ai pas eu à attendre très longtemps. Quelques jours plus tard, une nouvelle opportunité s’ouvrait. Cette fois-ci, c’était le bon poste pour moi et sans faire passer d’autre entrevue, il me rappelait pour me dire qu’il avait «quelque chose à me proposer». Ce «quelque chose» a bien évolué depuis le temps, mais dure depuis plus de 12 ans. Mes tâches ont tellement changées au fil des années. Il ne m’a jamais laissé le temps d’être bien dans mes vieilles pantoufles. Il m’a forcée à sortir de ma zone de confort plus souvent qu’à mon tour… mais j’en suis sortie grandie et, aujourd’hui, ma description de tâche me ressemble plus que jamais.

L’entreprise s'est transformée et j'ai maturé avec elle. En me poussant dans mes retranchements, il m’a parfois forcée à réfléchir à mon avenir, sur ce que j’aimais ou pas de mon emploi et à chercher des solutions. C’est une des raisons pour lesquelles je me suis formée en rédaction et que je porte aujourd’hui deux chapeaux ou plutôt un chapeau réversible qui me permet d’aimer ce que je fais, chaque jour. C’est d’ailleurs pourquoi je vous écris aujourd’hui… rien n’arrive pour rien!

Il m’a souvent dit : «Toi, Marie, en situation de stress, t’es comme un petit canard sur un étang. En surface t’as l’air zen, tout est beau… mais en dessous de l’eau, tu pédales en maudit…mais sans éclabousser personne.» Pierre, c’est un positif. Malgré toutes nos différences, on se ressemble sur un point. Lui aussi, c’est un canard. Quand tout le monde est en mode panique, lui, il est en mode solution. Il garde son sourire dans les périodes de stress, tellement qu’on peut penser qu’il est insouciant. Mais ce n’est pas le cas! Après quelques jours, quelques semaines, quelques mois, on se rend souvent compte que, derrière sa porte fermée, il se cassait le coco en silence et il cherchait une solution depuis bien plus longtemps qu’on ne le pensait. Il nous disait seulement que ça allait s’arranger… Il mettait discrètement des choses en places pour régler le problème, sans vouloir nous inquiéter. Parfois c’était d’engager une nouvelle personne, parfois de changer des procédures, parfois d’apporter un nouvel outil pour nous faciliter la vie. Et c’est vrai, ça finissait par s’arranger. On s’en est toujours sorti, parce qu’on avait un patron stratégique qui refusait se s’asseoir sur ses lauriers et de regarder passer la parade.

Même en période de crise économique, alors que les entreprises tombaient comme des mouches, nous, contre toutes attentes, on était en croissance. Parce que si il y a une chose que je n’ai jamais entendue ici c’est : «On a toujours fait les choses comme ça, on va continuer de même». Je vous l’ai dit plus tôt, le vieilles pantoufles, c’est pas pour ImageXpert parce Pierre et Marie-Pierre ont toujours été en mode développement et innovation. On cherche à faire les choses autrement et c’est pour ça qu’on est toujours là après 20 ans. Si on offrait exactement les mêmes services que ce matin du 7 avril 1997 avec zéro client, on ne serait plus là aujourd’hui…  En fait, on n’offre plus aucun service en commun avec cette journée-là.

Pierre, tu nous as emmenés là où on est aujourd’hui et en mon nom et au nom de mes collègues, je te dis merci.

Merci Pierre, d’avoir vu le potentiel en moi, il y a 12 ans, alors que du haut de mes 22 ans, je ne le voyais pas tout à fait encore moi-même. Tu m’as toujours fait confiance. Tu savais que je connaissais mon métier et tu n’essayais pas de changer mon style ni mes idées. Tu m’as laissée évoluer même si, tu t’es souvent mis le nez dans mon organisation pour me faire réaliser que je pouvais faire les choses autrement…Moi, je veux que ça avance vite et toi, t’es un analyste. Il y a quelques années, tu m’as dit : «T’sais Marie-Claude, toi quand tu tombes sur un obstacle, tu t’adaptes. T’apprends à sauter par-dessus… mais quand tu fais ça, tu n’ouvres pas la barrière pour celui qui te suit.»  Même ma débrouillardise, tu la challengeais. Prendre un temps de pause pour trouver une solution plus durable et moins épuisante, pour tout le monde. Tu m’auras appris ça, entre autres.

Alors parlant de moins épuisant, je te dis : fais-nous confiance, on s’occupe de ton bébé. Va t’amuser, décrocher et j’aimerais aussi te dire te reposer… mais toi, te reposer? On dirait que je n’y crois pas vraiment, parce que je vous le dis, avec toutes ses implications et ses mille et un projets, on n’a pas fini d’entendre parler de Pierre Roy…

Bye Bye Boss!

Marie-Claude, designer graphique et rédactrice (dit la pleureuse italienne).

Marie-Claude Bélanger
Écrit par Marie-Claude Bélanger

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